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Á PROPOS DU GROUPE

Romano Drom s'est formé autour d'un père et de son fils. Les deux Antal Kovács, dissidents du groupe Ando Drom, dans lequel ils ont joué pendant une quinzaine d'années, sillonnent les routes avec leurs compagnons depuis 1999, emportant avec eux l'univers des tsiganes olah de Hongrie. Tout comme leurs ancêtres, ils éveillent la curiosité des gens qu'ils rencontrent, à la différence que c'est leur musique qu'ils colportent aujourd'hui de théâtres en festivals. Romano Drom , en romani, "la route tsigane", personnifie le cheminement d'une culture d'une génération à l'autre. La continuation de la tradition orale et de la langue maternelle soutenue par une orchestration actuelle dans laquelle, aux côtés de la cruche et des cuillers, la guitare prend une place de plus en plus importante, s'accompagnant d'une contrebasse ou d'un accordéon. Emotion, sincérité et énergie, Romano Drom exprime a la fois la fierté de son peuple mais aussi sa volonté d'ouverture vers les différentes cultures!
 Quelques mots d'histoire
Les Oláhs (ils se nomment eux-memes ainsi) sont des roms issus de la Roumanie actuelle, et plus particulierement de la Valachie. Ils exerçaient traditionnellement des métiers aussi divers que l'élevage, la vente de chevaux (Lovars) et le colportage (Tsollars), autant de spécificité qui donnent leur nom a des "corporations" tres importantes. Leur venue en Hongrie date de la deuxième moitié du 19ème siècle, période à laquelle l'esclavage fut aboli en Roumanie. Ayant vécu pendant longtemps en marge de la société, ils ont créé leur propre musique. Elle exprime la réalité de la communauté rom en utilisant, dans le chant, un "parlé vrai" se référant a leur vécu et a leur quotidien. La musique des Oláhs ou Valaques de Hongrie fut ignorée des ethnomusicologues jusqu'a la fin de la deuxieme guerre mondiale et longtemps dénigrée par les musiciens. Elle fut donc, jusque dans les années 50-60, réservée a la seule communauté tsigane. Vivant en marge de la société, ils ont créé leur propre musique, essentiellement vocale et percussive, à la fois originale, mais également mêlée d'influences diverses. Nous sommes donc bien loin de l'imagerie des violons tziganes à boutons dorés, des orchestres interprétant une musique de divertissement
La musique a main nues Mis à part quelques ustensiles ménagers comme la cruche en fer, les cuillers en bois, le pétrin ou tout autre accessoire de percussion, ils n'utilisent pas d'instruments. L'outil primordial est la voix. A côté des chants mélodiques, leur spécificité est l'imitation des basses avec la bouche. Le szájbögözés et le pergetés (roulements, onomatopées ou bouts de phrases utilisées dans les airs de danse) remplacent les instruments de musique. Depuis les années 60 les jeunes tsiganes introduisent la guitare, parfois la mandoline ou le tambura, empruntées à la musique des Balkans, afin d'apporter des éléments mélodiques. De nombreux groupes se formerent - dans les années 70 essentiellement - mus par la revendication de leur identité culturelle. Le premier groupe à s'être rendu célebre dans les années 80 est Kalyi Jag, grâce à des enregistrements réalisés dans la maison de disque d'État, Hungaroton. Puis vint l'avènement d'Ando Drom dans les années 90. Issu de ce dernier groupe, Romano Drom est fier de pouvoir transmettre la culture des Tsiganes Oláhs, tout en la faisant évoluer vers une musique - particulièrement dans l'instrumentation- plus actuelle et plus proche de la vie de ses contemporains. Grâce à un intérêt croissant pour la musique tsigane ils ont su rendre ce style de musique plus populaire. Peut-on encore le qualifier "d'authentique"? Cela n'a plus aucun sens. Il faut cependant remarquer qu'elle est de plus en plus urbaine, et certainement en pleine mutation, comme en témoigne le groupe Romano Drom. En effet pour Romano Drom, la force de la musique traditionnelle des Tsiganes oláhs, tient dans ses voix et ses jeux vocaux. Il semble par contre incontournable que son évolution passe par le développement de son instrumentalisation et une ouverture d'esprit, capable d'intégrer de nouvelles couleurs sonores. Habitants d'une grande ville, Budapest, au confluent de l'Est et de l'Ouest, leurs inspirations sont multiples et variées. Grâce à leur métier de musiciens ils se retrouvent à nouveau sur les routes tout comme leurs ancêtres. Nomades du XXIème siècle, ils ramènent de leurs voyages de nouveaux parfums sonores et musicaux.
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